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Kapecé: un petit grain... épicé

Mis à jour : 4 mars 2019


Artistes & Artisans a repris la route. Cette fois-ci pour Tiassalé. Une fois n’est pas coutume, nous avons fait le choix de visiter… une plantation de poivre ! Nous y avons rencontré Jean-Eudes Kacou, responsable d'une exploitation agricole de 10 hectares, et fondateur de KAPECE, un poivre ivoirien qui vise l'excellence.




Ni tout à fait artiste (quoique), ni tout à fait artisan, Jean-Eudes Kacou cultive - à la main et de façon bio - un poivre de première qualité qu’il destine aux grandes tables de Côte d’Ivoire et d’ailleurs. Le soin qu’il met dans ses récoltes, le choix d'un travail manuel et sans fertilisants chimiques et son ambition de concurrencer les meilleurs poivres d'Afrique, nous ont convaincu qu’il avait toute sa place sur ce blog !

La région de Tiassalé est plus connue pour ses énormes plantations de bananes, ses hippopotames et ses balades en pirogues que pour ses poivriers (Nous vous invitons à regarder le super blog le voyage du calao qui a consacré un article à la région). La culture du piper negrum y est pourtant tout à fait propice. Le poivre est une liane qui a besoin d’un climat humide et chaud pour se développer. Bordée par le fleuve Bandama d'un côté et par de grandes forêts de l'autre, Tiassalé jouit du sol et du climat idéal pour Kapecé. Les parcelles de cultures mixtes qu’on y trouve (cacaoyers, bananiers, mirabelliers sauvages…) fournissent un terreau propice et fertile à la culture du poivre. La liane du poivrier s’enroule autour du tronc des arbres et s’épanouit à l’ombre de ces tuteurs vivants.



C’est Pierre Poivre, le gouverneur Fort de France, qui a introduit le poivrier dans les colonies françaises d’Afrique au début des années 1900. Mais cette épice ne bénéficiera jamais des programmes de développement qu’ont connu le cacao, la palme ou l’hévéa. C’est pourquoi, la culture du poivre s’est longtemps cantonnée aux jardins des colons.

Aujourd’hui, la production en Côte d’Ivoire reste petite et limitée à l’exportation. Elle est dévolue à la vente en vrac. Le projet de Kapecé est de produire un poivre d’origine (c'est à dire non mélangé à d'autres) et de qualité, destiné dans un premier temps à la gastronomie locale, puis internationale. Née en 2015, la start-up possède aujourd'hui près de 16 000 pieds et produit deux tonnes par an. Jean-Eudes Kacou ambitionne d'arriver à la même renommée que celle du poivre du Penja au Cameroun.



Durant notre visite nous avons été impressionnées par le soin et la quantité d’étapes nécessaires pour fabriquer un poivre de qualité. Il aura fallu près de 5 ans à Kapecé pour affiner et maîtriser le procédé de fabrication. Lors de notre visite, nous apprenons également que les poivres noirs, blancs, rouges ou verts sont tous issus de la même plante. C’est le degré de maturation qui en définit la couleur. Puis vient la récolte, faite à la main. S’en suit un long et minutieux processus au cours duquel le poivre est trempé, séché, vanné et trié grain par grain.



Si vous vous rendez à Tiassalé, profitez-en pour visiter la plantation. La visite est instructive et vous repartirez avec de quoi sublimer vos repas pendant un long moment !


Contacts:

Kapecé est disponible à la vente en ligne chez Naturalis, ainsi qu'au Comptoir des Artisans (Abidjan) ou à la ferme bio Le Fié (Yamousoukro), ou encore via leur page Facebook facebook.com/kpcpoivre/.

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